11.6.06

MOURIR LE VENT

Je reviendrai de là-bas voir mourir le vent, / Parmi les collines en fleurs de nos vingt ans, / Où nos rêves n’étaient encore que des enfants, / Qui courait à perdre haleine, insouciant. / Et sur toi vient mourir le vent, / De ces courses, effrénées, de jeunes gens. / Je reviendrai de là-bas voir mourir le vent, / De ses douces mélodies d’antan, / Que tu fredonnais sans cesse à vingt ans, / Dans le creux de nos ivresses d’amants. / Et sur toi vient mourir le vent. / Une promesse oubliée par le temps. / Je reviendrai de là-bas voir mourir le vent, / Qui caressait de baisés nos fous vingt ans, / A en graver, de nos cœurs, sur les bancs, / Le croquis de nos ardeurs d’amants. / Et sur toi vient mourir le vent, / Comme s’étiolent nos brèves d’enfants. / Je reviendrai de là-bas voir mourir le vent, / De ce temps écoulé, loin, de nos vingt ans, / Sur l’océan où dérivent les amants, / Et ne laisse sur la rive qu’un peu d’antan. / Et sur toi vient mourir le vent, / A ce regard ridé par le temps. / Je reviendrai de là-bas voir mourir le vent, / Et je sais que, toi aussi, tu y attends, / Sur le perron de la vie, la berge du temps, / Où se trouve l’insoumis de nos vingt ans. / Et sur toi vient mourir le vent, / Qui porte l’errance, belle, de vieux amants.
(Avril 2004)

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