24.12.06

LES GOUTTES DE PLUIE

Les gouttes de pluie / Qui tombe sur ma tête / Me font comme des mélodies / Qui jamais ne s’arrête. / Et toi qui passes dans la rue / Caché sous ton parapluie / Ne pourras tu jamais entendre / Cette musique céleste ? // Ta musique est celle de tes pas / Sur l’asphalte insensible / Où ne résonne que des coups bas / Répété, monotone. / Moi, sur ma tête c’est mille voix / Qui me chante des ballades / Où parfois l’on se noie / Mais jamais ne s’aigrit. // Un de ces hommes m’aperçois, / Et me dit : « vous êtes trempé. / Prenez donc un parapluie / Où la crève vous pends au nez ». / Je lui réponds que je m’en fous ; / Dans la vie il faut se mouiller ; / Plutôt tousser bien heureux / Que se dessécher à l’abri !
(Septembre 2006)

OH MARGUERITE

Oh Marguerite / Le temps n’a pas de suite / Dans les idées / Il prend la fuite // Oh Marguerite / Toi, fleur que l’on effrite / Tu le sais bien / Que le destin / N’est rien qu’un mythe // Oh marguerite / Je t’ai cueilli ce jour / Sans y penser / Mais plein d’amour // Oh marguerite / Tes pétales, gouttes blanches / Ont des secrets / Que je défais / Du bout des hanches // Oh marguerite / Ton cinquième pétale / Me jette un œil / Plutôt mauvais // Oh marguerite / Serais ce à la folie / Qu’il me faudra / Arrêter là / Tout nos baisés // Oh marguerite / Le temps n’a pas de suite / Dans les idées / Il prend la fuite…
(Septembre 2006)

-BON COURAGE A LUI

Elle avait des couettes, un air cabochon / L’était toujours prête pour chercher des nions / Puis aller pleurer auprès de nos vieux / Pendant qu’ j’ m’en prenais une bonne, voir même deux // Elle voulait tout net qu’on l’appelle Fanny / Parc’ qu’elle trouvait qu’ Steph sonnait pas Jolie / Moi j’ l’appelle « la grosse », encore, aujourd’hui / Les abdos Nutella, ça vous reste à vie // Bah c’est ma p’tit sœur à c’ que m’ disent nos vieux / Y faut faire avec / Aujourd’hui elle s’ marie, bon mon courage à lui // L’écoutait en boucle les tubes qu’elle préfère / Moi, Mylène Farmer, j’ peux plus la saquer / Du matin au soir en braillant, bien faux / Je suis libertine ; à 7 ans ; ah bon // Le week-end le lit, c’est jusqu’à midi / Faut pas faire de bruit, parce qu’elle a le droit, d’abord / Ou alors faut, au moins, servir l’ p’tit dej au lit / Sinon c’est la gueule, les reproches, les cris // Bah c’est ma p’tit sœur à c’ que m’ disent nos vieux / Y faut faire avec / Aujourd’hui elle s’ marie, bon mon courage à lui // Plutôt camionneur que poupée chiffon / Vive les salopettes, à bas les jupons / Enfin, ça dépend, parce que pour une soirée / Trois cents magasins pour revenir dans le premier // Mais côté sportif ; faut pas déconner / La danse / C’est pour les fillettes, du soft-ball, non mais ! / Et puis au théâtre des rôles biens burnés / Arpagon, l’homme invisible ; si, si, elle les a joué // Bah c’est ma p’tit sœur à c’ que m’ disent nos vieux / Y faut faire avec / Aujourd’hui elle s’ marie, bon mon courage à lui // Elle aurait pu aimer cueillir des pâquerettes / Bah non, tout l’été, elle traquait les cailloux / Sa brillent, c’est jolies, non c’est pas si gros qu’ ça / Même si j’ le soulève pas, t’es costaud mon papou ; puis t’as un grand sac ; allez, s’il te plait, pour m’ faire plaisir… // Contre les araignées elle à une arme secrète / Accroupis, tête en avant, à hurler comme un âne / Après l’animal, cette chansonnette: « une araignée sur le plancher se tricotait des bottes… /Sa fait fuir tout ce qui passe mais pas trop la bébête // Bah c’est ma p’tit sœur à c’ que m’ disent nos vieux / Y faut faire avec / Aujourd’hui elle s’ marie, bon mon courage à lui // Sœur Stéphanie des pauvres, aujourd’hui, c’est ainsi / S’en va voir ailleurs auprès d’un mari / Que vous dire de plus il a signé lui aussi / Ça m’ fais des vacances et tant pis pour lui // Bah c’est ma p’tit sœur à c’ que m’ disent nos vieux / Y faut faire avec / Aujourd’hui elle s’ marie, bon mon courage à lui / Bon courage, à lui.
(Mai 2006)

ELLE

Elle était seule au monde / Et le temps fit sa ronde / En silence, elle quitte se monde / En silence / Et pourtant, et pourtant / Elle aimait tant / Voir ce monde // Elle avait laissé ses ailes / Un beau soir sous une stèle / En silence elle le rejoint / En silence / Son visage, son visage / N’a plus d’âge : / Elle est belle // On eu pu faire plus / On eu pu ; On n’a pas su / En silence, Vient le chagrin / En silence / Les regrets, les regrets / Sont de grès : / Elle n’est plus // Quelques mots juste pour elle / Juste un mot à tire d’aile / En silence, je me souviens / En silence / Son amour, son amour / Dura toujours / Elle est belle
(Avril 2006)

J’T'AIME COMME CA

T’ avais pas les yeux bleus / Tes seins ne pesaient pas bien lourds / Nos regards amoureux / Pourtant se confiaient tour à tour / Des secrets merveilleux // Moi, j’avais les yeux bleus / Mais pas vraiment une gueule d’amour / Pourtant, bah, dans tes yeux / Je m’apercevais tour à tour / Mi humain et mi dieu. // J’ le croyais pas, même moi, j’ le croyais pas / Pourtant t’es là, près d’ moi, et j’ t’aime comme ça // Je l’ai vu dans leurs yeux / Qu’ils te trouvaient laide tour à tour / Puis ils ont vu mes yeux / Lorsque tu me fais des mamours / Ces amis merveilleux // Les tiens n’ont pas vu mieux / Et comme les miens furent pris de court / Et de nos doux aveux / Ils se laissèrent prendre tour à tour / A notre tendre feu // J’ le croyais pas, même moi, j’ le croyais pas / Pourtant t’es là, près d’ moi, et j’ t’aime comme ça // On n’était pas de ceux / Dont on admire les milles atours / Pourtant, bah, tous les deux / On s’est surpris à faire l’amour / Tendrement tous les deux // J’ le croyais pas, même moi, j’ le croyais pas / Pourtant t’es là, près d’ moi, et j’ t’aime comme ça
(Mai 2006)

ET TU M'AS PARDONNE

T’aurais pu me haïr / Me maudire plus que tout / T’aurais pu m’aplatir / Ou me mettre à genou / Mais tu m’as mis K.O. / Avec tout tes mots doux. // Je t’avais fais le pire / A courir comme un fou / A te laisser mourir / Quand je devenais loup / Mais ce soir en deux mots / Tu m’as défait de tout // Et tu m’as pardonné / Moi le chien le mauvais / Et tu m’as pris la main / Je n’ la lâcherais jamais // Je me croyais un chat / Plus discret que la mort / J’allais Kahin kaha / Fureter sur les ports / Mais je n’étais qu’un homme / Rien de plus qu’un homme // Et toi tu restais là / Gisant comme l’eau qui dort / Immobile sous le drap / Me laissant à mon sort / Mais tu ne dormais pas / Et tu pleurais alors // Et tu m’as pardonné / Moi le chien le mauvais / Et tu m’as pris la main / Je n’oublierais jamais // Aujourd’hui dans la nuit / Je ne me lève pas / Car aujourd’hui c’est toi / Avec qui je m’enfuie / Car aujourd’hui c’est nous / Jusqu’au bout de la nuit…
(Avril 2006)

R’GARDE MOI DANS LES YEUX ENCOR’

R’garde moi dans les yeux, Encor’, ma mère. / Ne m’ jette pas comm’ un vieux Tas d’ poussière. / J’ai pas grand-chos’, si peu, Ch’ sais qu’ t’ai plus fier / Mais moi j’ai qu’ ça, tes yeux, Comm’ repère. / Tourn’ pas tes p’tits talons Pour mieux pleurer. / J’vois ton dos qu’ fait des bons ; J’ suis paumé. / J’ sais qu’ j’ai encor’ fait l’ con Mais j’ peux t’offrir / Les ros’ qui sentent si bon, Qu’ tu viens d’ j’ter. / Puis tu sais c’est d’ l’argent Qu’ j’ai pas volé. / J’ai vendu qu’lques doses C’est léger. / Ton anniv’ bah ça compte, J’ voulais l’fêter. / Alors j’ai fait les comptes Puis j’ai dealer. // Même mes potes m’ont vanné Sur mon bouquet / s ça c’est rien qu’ des quolibets Rien qu’ des mots / Tes larmes sont bien trop salées Ell’ m’ coule sur l’ nez / Et m’ laisse des trac’ comm’ d’ la craie Puis l’ cœur gros. // Non j’ n’irais pas en prison Tu sais qu’ j’ connais / Puis les goss’ qui vont s’ péter (Bah) J’ les connais / Z’en ont bien besoin parfois Quand l’ vent est frais / Quand y a la main d’ leur daron Qui s’ défait // Referme pas ta porte m’man, J’ t’entends gémir. / Tu crois qu’ replonge dedans, C’est mentir. / J’ai just’ refait qu’lques temps, Just’ d’ quoi t’offrir / Les fleurs pour tes quarante ans Que t’a j’té. // C’est promis j’y touch’rais plus, Promis juré, / Mêm’ si mes potes y m’vois plus, Promis juré, / Même si j’ fini à la rue, Promis juré, / Même si à la fin ont m’ tue, Promis juré. // Alors fout moi une mandale Si ça t’ rassure, / Cogne moi un bon coup m’man Mêm’ bien dur. / Mais m’ met pas la porte De ton amour. / Tout ça j’te l’dirais pas, R’gard mes yeux lourd. / R’garde moi dans les yeux, Encor’, ma mère. / Ne m’ jette pas comm’ un vieux Tas d’ poussière. / J’ai pas grand-chos’, si peu, Ch’ sais qu’ t’ai plus fier / Mais, moi, j’ai qu’ ça, tes yeux, Comm’ repère.
(Mars 2006)

ET C EST PASSE LE TEMPS

Et c’est passé le temps / De nos tendres amours / Emportés doucement / Par de trop long discourt / Pourtant nous avions tant / Fais nos cœurs de velours / Sous l’olivier chantant / Une idée de toujours / Mais va voile devant / La vie le long des jours / Et nos rêves se font lents / Nos regards se font lourds / Peu à peu imprudent / Nous oublions qu’un jour / Nous avions tant et tant / Fais de rêves tour à tour / Puis brûle lentement / Le bois de nos parjures / Et ne reste à présent / Qu’à soigner nos blessures / Et c’est passé le temps / De nos tendres amours / Et c’est passé le temps / De nos tendres amours…
(Février 2006)

11.6.06

ELLE M’A OFFERT

J’ la voyais le soir / Caché sous son lit / Gribouiller dans l’noir / En catimini / Avec ses crayons / Sur un papier blanc / Qu’elle m’avait d’mandé / Mais c’est un secret / Une constellation / Enfin je croyais / Puis elle m’a offert / Pour mon anniversaire : Un dessin / Picasso a plus qu’à s’ rhabiller / Sur mon mur de salon / S’allonge un portrait d’ moi / Enfin paraît qu’ c’est moi / L’enfance à son art A part / Maintenant Quand j’ me regarde dans l’ miroir / J’vois une constellation / A l’école en cours / Avec sa maîtresse / Elle a fait un jour / Mais c’est un secret / Avec quelques fils / Puis quelques… / Chut faut pas le dire / Un petit bijou / Qu’il faut mettre au cou / De son papounet / Puis elle m’a offert / Pour la fête des pères : Un collier / Les diamants ont plus qu’à s’ faire tailler / A mon cou sont pendus / Des tortellinis crus / Déjà ça change des nouilles / Puis elle m’a offert / Sans prévenir hier : Un p’tit mot / Baudelaire à plus qu’à j’ter l’encrier / Sur ma table de ch’vet / Y a un billet brouillon / Tout un cahier même / L’enfance à son art A part / Maintenant Quand j’me couche tous les soirs / J’ai à mon chevet bijou et lettre / J’la voyais ce soir / Dans notre cuisin’ / Au d’ssus du pressoir / L’air un peu coquine / Avec sur la tête / Un grand chapeau blanc / Un livre apposé / Plus gros que son poids / Juste à ses côtés / Faire une pantomime / Puis elle m’a offert / Dans une mini cuillère : D’ la soupe / Proust à plus qu’à finir ces mad’leines / Dans mon ventre gargouill’ / D’ la soupe imaginair’ / Hum c’est vachement bon / L’enfance à son art A part / Maintenant Quand j’ai un peu faim le soir / J’ai d’ la soupe à volonté
(Janvier 2006)

J’SAIS RIRE DE ÇA

J’ n’ai pas l’ minois d’ Paradis / J’ n’ai pas le poids d’Naomi / J’ n’ai pas l’ talent de Vinci / J’ suis pas l’amante en vos nuit / J’suis peu d’ chose c’est vrai / Mais j’ sais rire de ça / Et d’ vos foutu air de roi / J’ai grandi dans les caddys / J’ n’ai pas connu l’ d’ jean Lévy / J’ n’ai pas fait d’ boat et d’ jet ski / J’ai qu’ traîné sur les parvis / J’ai peu d’ class’ c’est vrai / Mais j’ sais rire de ça / Et de vos foutu air de roi / J’ai des trous dans mes habits / J’ai un job qui tue l’ennuie / J’ai les poches très peu garnis / J’ai une piaule dit cagibi / J’ai peu d’ confort c’est vrai / Mais j’ sais rire de ça / Et d’ vos foutu air de roi / J’ n’ai pas lu trop manuscrit / Jamais quitter mon taudis / J’ai du mal avec l’écrit / J’ai l’ rire gras pour des âneries / J’ai peu d’ culture c’est vrai / Mais j’ sais rire de ça / Et d’ vos foutu air de roi / J’ suis pas l’amante en vos nuit / Y m’ faut juste un peu bonheur / Même plein d’ terre et de labeur / Juste de quoi rire de ça / Et d’ vos foutu air de roi
(Janvier 2006)

LA SENS TU

La sens tu / La douce mélodie / Qui vient nous enchanter / La sens tu / La tendre comédie / Que nous allons nous jouer / Le soleil va se coucher / Le bal tourne / Et je viens t’inviter / Longtemps / Je regardais de loin / Guettant / Ta robe de satin / La sens tu / La belle cadencé / De nos corps accolés / La sens tu / La Bossa syncopé / Dans nos cœurs chavirés / La nuit s’est étoilée / Nos têtes tournent / Et je vais t’embrasser / Longtemps / J’ai rêvé de tes lèvres / Souffrant / D’une insatiable fièvre / Le sens tu / Ce langoureux baisé / De nos lèvres enlacées / Le sens tu / Ce sulfureux désir / Qui vient nous enflammer / La lune est belle / Nous sommes nu / Nous allons nous aimer / Longtemps / Je partageais en douce / L’espoir / De cette nuit si douce / La lune est belle / Nous sommes nu / Nous nous sommes aimés
(Décembre 2005)

MES MOTS DANS VOTRE BOUCHE

Vous chantiez, bel ange, / De tendre chansonnette, / Au café des étables / De minuit au matin. / Les hommes, à leurs tables, / Vous écoutaient, en tête / Des idées bien volages / Dont vous jouiez sans fin. / Assis auprès du bar, / Je venais, ce soir là, / Admirer, dans vos yeux, / Ma muse de poètes. / Mes mots dans votre bouche / Semblent des papillons / Alors j’écris pour vous / La plume pleine de passion / C’était un soir étrange / Où, de bar en guinguette, / Je traînais, misérable, / Ma peine et mon chagrin. / Votre voix délectable, / Est venue en prophète, / M’inspirer un voyage / En rêve de satin. / Je suis venu vous voir, / Une chanson à la main ; / Vous avez rie un peu / Puis adopté mes vers. / Mes mots dans votre bouche / Semblent des papillons / Alors j’écris pour vous / La plume pleine de passion / Depuis au coin du bar, / Chaque soir je vous guette / Et j’écris de vos yeux / De douces chansonnettes. / Mes mots dans votre bouche / Semblent des papillons / Alors j’écris pour vous / La plume plein de passion
(Décembre 2005)

JE VIENS PARFOIS ENCORE

Je viens parfois encore, / Accompagner le soir, / Où nous aimions avant / Venir nous asseoir. / Belle comme autrefois, / La nuit vient à pas lent, / Mais nos rêves d’alors / N’étoile plus le ciel. / Oh comme j’aimerais, / Encore et puis encore, / Sentir infiniment / Ta main prise dans la mienne. / J’écoute, doucement, / Les vagues et le vent / Dont nous faisions ces soirs / Naître quelques poèmes / Mais la mer, aujourd’hui, / Ne semble plus la même / Et son fracas de vagues / Me laisse bien des peines. / Oh comme j’aimerais, / Encore et puis encore, / Sentir infiniment / Ta peau contre la mienne. / Je viens parfois encore, / Accompagner le soir, / Sur cette plage, là, / De nos amours anciennes. / Belle comme autrefois, / Tu me reviens en rêve / Mais des larmes alors / Viennent étoiler le ciel.
(Décembre 2005)

L’INVITATION A JAMAIS

L’était accoudé au bar / Cheveux laqués, veste noire / Le sourire en devanture / Il accrochait les regards / Les femmes y voyaient ce soir / Une possible aventure / Dans mon vieux polo usé / Je lorgnais désabusé / Le manège de sa grâce / Rien ne lui fut refusé / Le bar payait la tourné / A cet homme de passage / Il avait au fond des yeux / Je ne sais quoi d’insidieux / Qui incitait ma défiance / Tous autour trinquaient joyeux / Comme envoûtés par son feu / Comme enivrés de passion / Sa beauté de plus en plus / Illuminait dans leurs yeux / Où la raison s’était tue / Son verre posé restait plein / Il n’avait bu presque rien / Il attendait, il attendait… / Alors au coin de sa lèvre / M’apparu comme un mirage / Cette canine aiguisée / Je ne pouvais plus bouger / Comme étreint par sa présence / Comme imprégné de ses sens / Après s’être rassasié / Aux gorges de l’assemblé / Il s’est approché de moi / Il m’as dit : « meurt ou suit moi » / Puis il m’a croqué le cou / Je l’ai suivi à jamais / Aujourd’hui au bar c’est moi / Je suis vampire et c’est toi / Que j’ai choisi pour me suivre
(Septembre 2005)

UN ETE BIEN SEUL

Un été comme tant d’autre / Je marchais sur cette plage / Où les pensées vagabondent / Le soleil en plein visage / Il y avait de vague en vague / Des éclats de coquillages / Et au milieu de l’azur / Le reflet de ton visage / Et j’ai fermez les yeux / J’avais si froid de toi / Depuis tout ce temps passé / Tout seul ; Bien seul ; Trop seul / Je retraçais sur le sable / Des souvenirs en mirage / Que des marées ineffables / Me volait sur leurs passages / Et ne restait sur la plage / Que l’éclat des coquillages / Ces ruines d’un vieux château / Où mes pensées rendent l’âme / Et j’ai fermez les yeux / J’avais si froid de toi / Depuis tout ce temps passé / Tout seul ; Bien seul ; Trop seul / J’ai ramassé les éclats / Mais le vent les a soufflé / Et je cours et je naufrage / Ton visage s’était couché / Je n’ai plus que des orages / Du sable bien trop mouillé / Je n’ai plus de coquillages / Que ma peau pour frissonner / Et j’ai fermez les yeux / J’avais si froid de toi / Depuis tout ce temps passé / Tout seul ; Bien seul ; Trop seul
(Juillet 2005)

ULTIME AMOUR

Ta main s’avance à petit pas / Moi silencieuse je ne bouge pas / Il y a longtemps je ne sais plus / Toi doucement… / Tu me promets que tout ira / Je veux te croire puis me débat / Leurs mains encore ravagent en moi / Tes mains si tendres… / Te dire quoi tu sais déjà / Tu te recule et pleures tout bas / Je veux te plaire creuser tes bras / Je viens tout près tout contre toi / Dès que tu bouges… / Tu dis « c’ n’est rien je t’aime toi / Le temps viendra s’oublie le glas » / Je sais tout ça je ne dis mot / Te dire quoi… / Tes yeux humides saignent en moi / Je te regarde je plie ma peur / Je prend et glisse ta main sur moi / Tout se mélange leurs rires ta voix / Leurs mains me brûlent… / Tu te laisse faire je viens sur toi / J’ai mal au ventre mais ne cède pas / Nos corps tremblent crispent se tendent / Tu fermes les yeux… / « Regarde moi je n’ cèderais pas » / Puis leurs mains meurt perdent leurs doigts / Tes tendres yeux prennent le pas / Des larmes chaudes percent nos cœurs / Mon ventre s’ouvre… / Tu fais un geste la peur me prend / Mais je n’ fuis pas les loups sont morts / Un geste encore « oh viens plus près / Viens mon émoi… / Je suis a toi caresse moi » / Ma tête tourne ton cœur bat / Mes pieds se cambres ta peau frissonne / Je m’abandonne tu me cajole / « Oh Reste en moi…
(Mai 2005)

TON PULL-OVER

Tu portais belle panthère / Sur ton corps nu / Cet étrange pull-over / De laine crue / A ta gorge linéaire / Moulé menu / Il s’enroulait débonnaire / En col velu / Et s’affairèrent à défaire / Mes yeux émus / L’ourlet de ton pull-over / Il dansait sous sa matière / L’onde dodue / La sensuelle manière / De tes seins drus / A l’ombre de sa lisière / J’entraperçu / Les volutes incendiaires / D’ hanches charnus / Et s’accrochèrent d’insulaires / Passions perdues / A mon corps pris de te plaire / Sous l’écorce de laine claire / Ta peau déchu / Imprégnait de sa chaude air / Ma main venu / Caressant le dolence fier / De ton corps nu / Je me perdis sous le suaire / Transi et nu / Et s’enlacèrent nos deux chairs / Tout éperdu / Au secret d’un pull-over
(Mai 2005)

NOT’ PARADIS PERDU

Au fond d’ l’impass’ des beaux lilas / Derrière l’ rideau d’ bois vermoulu / Si vous aviez l’ cran d’un p’tit gars / Vous auriez découvert l’ théâtre / Où tous les gones de not’ quartier / Venaient s’ chamailler un bout : / Not’ terrain vague / On s’y faufilait à l’anglaise / Entre les planches mal attachées / Puis on s’ roulait boulait balaise / Jusqu’en bas d’ la butte engluée / Avant d’ faire des concours de tâche / Dans les flaques des égouts / D’ not’ terrain vague / C’était not’ p’tit coin d’ paradis / Loin de la colle et des parents / Loin des : fais pas ça, fais comme ci / Loin des : c’est pas bien mon p’tit gars / Un bout de terre tout rien qu’a nous / Où qu’on pouvait bien tranquill’ / Se casser le cou / On jouait à la guerre nucléaire / En s’ balançant les merdes de chiens / Y avait des trésors plein la terre : / Du fer rouillé, puis des rats morts, / Des pneus crevés, du verre en grain / Puis même parfois les printemps / Un p’tit brin d’herbe / A l’abri dans not’ paradis / Avait polo qui jouait des poings / Quand il imitait son vieux con / Un verre dans l’ nez tous les matins / Y avait Malek et son klaxon / Qui nous conduisait très très loin / Par les ordures / Dans les œilletons d’ la palissade / On lorgnait les passant pépères / Pour les bombarder d’ motte de boue / Où pour les insulter un coup / On s’ fendait la poire à mâter / Leur grands airs de gros daron / Tout humilié / Aujourd’hui l’ paradis n’est plus / Ys ont mis tout plein d’ béton d’sus / Y a des vendeurs de couche culot’ / Des pelouses qui poussent dans des pots / Les rires d’enfants c’est interdit / Courir, se salir aussi, / Paraît que s’est mieux ainsi / Au fond d’ l’impass’ des beaux lilas / Derrière l’ rideau d’ bois vermoulu / Si vous aviez l’ cran d’un p’tit gars / Vous auriez découvert l’ théâtre / Où tous les gones de not’ quartier / Venaient s’ chamailler un bout : / Not’ paradis perdu
(Mai 2005)

CE VIEIL AMI ESPOIR

Il gambade dans les nuages / Sifflotant un air entraînant / Un souvenir, un vieux mirage / Des ces mélodies simplement / Qui vous accompagne le cœur : / Petite bise de printemps : / Il me dit d’oublier qu’un jour / Un nuage s’était fatigué / Il me dit d’oublier qu’un jour / La vie s’écoule sans y penser / Il gambade parmi les fleurs / Petite abeille affamée / Toujours à butiner les pleures, / Quête d’un Eden à danser. / Il vient parfois souffler un mot / A l’oreille des mal-aimés / Il me dit d’oublier qu’un jour / Le chant des fleurs s’était fané / Il me dit d’oublier qu’un jour / La peine arpentait mes pensées / Il gambade chaque jour en mon cœur / Pour y chiner ses chuintements / Pour y mettre un air entraînant / De ces mélodies simplement / Qui vous accompagne les heures : / Petit banjo bon an battant / Il me dit d’oublier qu’un jour / Son regard s’était effacé / Il me dit d’oublier qu’un jour / Un ami n’est plus qu’une pensée / Mais je n’oublierais plus qu’un jour / Ce regard riait à pleurer / Mais je n’oublierais plus qu’un jour / Il vivait tant sans y penser / Que je ne l’ai pas oublié / Il gambade dans les nuages / Il gambade parmi les fleurs / Il gambade chaque jour en mon cœur
(Mai 2005)

TON REVE DECHU

Un an laissé au gré des vents sur le ciment de la bêtise / Un an laissé, sans plus d’égard, a trop traîner, trop de méprise / Un an laissé et rien à faire : Il est perdu ; Tout est perdu ; Il est perdu au fond de toi / Et tu grattes le ciel / Et tu maudis le ciel / Et tu maudis le ciel, celui qui t’a gardé vivant ; Mort vivant / Un an déchu et tu les cherches, ces beautés de ton enfance / Un an encore à voir passer les trains remplis d’incertitude / Un an sur les bancs de l’absurde : Il est sans but ; Tout est sans but ; Il est déchu ton rêve à toi / Et tu grattes le ciel / Et tu maudis le ciel / Et tu maudis le ciel, celui qui t’a gardé vivant ; Mort vivant / Un an a traqué le bon dieu à coup d’espoir et de labeur / Un an à trimer pour leur yeux et puis vidé comme une poubelle / Un an à cerner ton visage ; et puis la rue ; t’ont pas voulu ; mis à la rue ton rêve et toi / Et tu grattes le ciel / Et tu maudis le ciel / Et tu maudis le ciel, celui qui t’a gardé vivant ; Mort vivant / Un an et tu ne sait quoi faire, ils n’ont pas voulu te bénir / Un an et tu sais que maintenant te reste seulement la dérive / Un an puis une éternité : A faire la pute ; Tout te rebute ; Elle te rebute ta vie à toi / Et tu grattes le ciel / Et tu maudis le ciel / Et tu maudis le ciel, celui qui t’a gardé vivant ; Mort vivant / Un an qui t’en apporte dix sur tes épaules, ton dos qui ploie / Un an et tu aime le vertige du haut des ponts, du haut des tours / Un an ; te reste plus qu’à maudire : Il est sans but ; Tout est sans but ; Il est déchu ton rêve à toi
(Mai 2005)

A NOUS MOT DIRE

Je n’ai pas assez / De ces bas de dentelles / Qui habille nos veilles / Je n’ai pas assez / De se fou qui sommeil / Dans nos mains attachées / Parfois même j’ai / Mon enfance qui se perd / A ne pas en avoir de regret / Alors ne crois pas / Que je puisse te laisser là / Et partir sans y penser / Crois tu qu’on saura / Habiter ces habitudes / Qui viennent pas à pas / Crois tu qu’on saura / Devenir ces vieux amants / Qui drapent les nuits de blanc / Et viendrons un jour / Nos enfants fleurir la tombe / Où nous seront encore enlacé / Alors ne crois pas / Que ces mots qu’on se dit là / Signe notre passé / Je n’ai pas assez / De se souffle de nos voix / Même lorsqu’il est tempête / Je n’ai pas assez / De sentir battre et gronder / Cette passion qui s’entête / Parfois même j’ai / La folie de te taquiner / Et jouer « à nous mot dire » / Alors ne crois pas / Que tout cela nous déchire / Et emporte notre lyre / Nous emporte à nous maudire / Et emporte notre lyre…
(Mai 2005)

CLOPINANT

Clopinant, clopinant / Sans va dans le levant / Traverse tresse le vent / Le vent s’indécidants / Clopinant, clopinant / Se prirent corps et chants / Les amants dénudant / Des nues dansent un enfant / Clopinant, clopinant / Clapote pluie et sang / Sentiments se filant / Se firent lents, lancinants / Clopinant, clopinant / L’amour fait son temps / Clopinant, clopinant / Suivant le pas des ans / Passe presse en l’amant / L’âme en mal d’élan / Clopinant, clopinant / S’affadie le printemps / S’oxyde l’ortolan / Languissent les encens / Clopinant, clopinant / S’embrasent les sarments / Et brûle l’éminent / Le minant de serments / Clopinant, clopinant / L’amer fait son temps / Clopinant, clopinant / Le dos courbé d’antan : / Le long des vieux gréements / Grès morcelé aux vents / Clopinant, clopinant / Les idées hoquetant / S’inclinent les errants / Et rance est le couchant / Clopinant, clopinant / Malgré tout s’en allant / Et sur toit et chaland / Chat lentement s’étend / Clopinant, clopinant / La mort fait son temps / Clopinant, clopinant
(Mars 2005)

IL ARRIVAIT

Il arrivait / Du bout du monde / Avec de grand rêve / Dans la tête / Juste un chapeau / Empli d’histoire / Pour seul bagage / Seule mémoire / Il allait conquérir / Ces grands villes / De lumière / Il allait enfin vivre / Enfin être / Enfin rire / Il arrivait / De terres brûlées / Où se meurt encore / Ces prières / Où les blonds blés / Ne poussent plus / Dans la boue rougie / Pleine de pue / Il allait recueillir / Quelques fleurs / A sa femme / Il venait voir fleurir / Les grands champs / Sans bataille / Il arrivait / De ces pays / Où les désaccords / S’arme de flamme / Où les pensées / Sont des poignards / Planté dans la tête / Des enfants / Il allait s’affranchir / De ces grandes / Idées noires / Il allait réécrire / A son fils / Une histoire / Il arrivait / D’on ne sait où / Chercher sous nos portes / Un peu d’espoir / A t on offert / Plus qu’un trottoir / Lui a t on offert / Un peu de gloire / Il allait recueillir / Quelques fleurs / A sa femme / Il allait réécrire / A son fils / Une histoire / Il allait enfin vivre / Enfin être / Enfin rire / …
(Avril 2005)

LA COULEUR DES RIVAGES

J’avais d’autres visages / A mon cœur enlacés / Et mon rire détaché / De ces foules en ages / Gambade les nuages / J’avais d’autres adages / Qu’une tirelire à casser / Et mes tendres années / Ont volées au passage / Plus qu’un simple mirage / J’ai tout mis sur la page / La guitare c’est marrée / Et je viens vous chanter / La couleur des rivages / Quand le temps prend le large : / Il y a / Sur le bout des rameaux / Des verts indomptés / Qui chante / Il y a / Sur l’envers des coteaux / La robe des blés / Qui dansent / Et cela / Vous trace sur la peau / Le bonheur nacré / Des roses / La tristesse à la rage / Elle ne m’a pas mangé / Et c’est d’un pied de nez / Que je franchi l’orage / Que j’écris mon sillage / Je fus pourtant l’otage / De quelques créancier / Et j’aurai pu crever / Sous tout leurs babillages / J’ai rie plus que leurs gages / J’ai tout mis sur la page / La guitare c’est marrée / Et je viens vous chanter / La couleur des rivages / Quand le temps prend le large : / Il y a / Sur l’onde des montagnes / L’ambre des violettes / Qui chante / Il y a / Sur la nue des campagnes / L’éclat des pâquerettes / Qui dansent / Et cela / Me porte à composer / L’humble silhouette / D’un rêve
(Mars 2005)

NUIT SOLITAIRE

Je tournais mes dépits dans le pli des draps blancs / Où ton odeur absente brisait les ortolans / Du flot nacré des rêves ; Le fil des nués / S’écorchait, craqué en cernes de vers pilés / L’empreinte de ton corps sous la peau satinée / Esquissait ta présence mais les yeux se brisait / Sur un désert aride ; L'écorce de drap / Restait plate, si plate que l’heure n’y coulait pas / Je bataillais d’halène habillé de chenil / Mon souffle s’effritait en sueurs labiles / Face à ce vide d’azur ; Tout se fossilisait / La nuit m’échappait pour des ténèbres de grès / La nuit n’était plus l’encre où trempent les refrains / Où la blancheur du sommeil emporte au matin / L’efflue des corps butinés ; L’onde du froid lit / Ne portait plus l’écume des houles infinies. / Cette nuit tu viendras, je te retiendrais là / Les draps se cambreront à en perdre le voile / Qui couvre les silences. Chaque nuit soit là / Je ne revivrais pas sans ce plein de ton moi
(Février 2005)

AZHEIMER

Ce temps qui dévore / Qui coule à nos peaux / En goutte de sueur / En goutte de sang / Je le voie sur ton âme / Sur ton corps en lambeau / Petit à petit / Te mange la vie / Ce temps de l’antan / Que tu chéri si fort / Que tu contais souvent / D’une voie sans remord / Tu t’y cache, t’y replie / Tout ce qu’il te reste / A ce jour tu oublies / Mon nom et ma peine / Ce temps n’est plus rien / Ce temps agonise / Sous ton cœur impuissant / Ton silence amer / Et tu sais ton oublie / Et ça ronge ton être / Et mon nom que tu cherches / A perdu ta tête / Ce temps c’est pourtant toi / Qui me l’as offert / Mais tu me tiens la main / Sans savoir qui je suis / Et ces larmes qui coulent / Sur nos joues abîmées / Sont les seules témoins / Que je suis bien ton fils / Que tu es bien mon père / Ce temps tu l’acceptes / Ce temps tu le jettes / Et tu parles de vivre / Comme d’une pomme à croquer / Et tu me fais promettre / De ne pas trop pleurer / De ne pas trop haïr / Ce temps qui t’emporte / Ce temps tu l’aimais / Ce temps je l’aimais / Quand nos rires s’enlaçaient / Nos regards s’enflammaient / Et si nos désaccords / On fait crier nos voix / Plus que nos cœurs pensaient / Je reste ton fils / Ton fils sans nom / Cette tendre main / Que tu tiens… / Ce temps qui dévore / Qui coule à nos peaux / En goutte de sueur / En goutte de sang / Je le voie sur ton âme / Sur ton corps en lambeau / Petit à petit / Te mange la vie
(Janvier 2005)

L'OMBRE DU REVE

Vous n’avez voulu rester / Dans le creux de mon rêve / Pourtant j’avais tant rêvé. / Vous n’avez pas mêm’ gravé / Sur le bout de mes lèvres / Pas mêm’ l’once d’un baisé. / Ne me restent que des ombres de vous / Ne me restent que des ombres / Nous nous étions rencontré / Sur les fils du dérisoire / L’éclisse d’une guitare. / Mot à mot s’étais brodées / S’étais croquées à la nue / Vos volutes éperdues. / Nous avions vibré en cœur / Sur l’ambre d’un jour naissant / Sur l’abyme des amants. / Le soleil, avions charmé / Pour que danse l’horizon / En fou pastels de passion. / Et puis le temps a fait son œuvre / Puis le temps vous a mangé / La mémoire fait défaut / La feuille reste blanche / Teinté de vos silence. / Vos mots firent un matin / Et seul le soleil saura / Que vous fûtes un jour là / Sur le bout de mes rêves bien là / Sur le bout de mes lèvres / Si belle créature / Si belle chanson d’amour / Que je voulais écrire / Pour elle
(Janvier 2005)

JE T'ECRIS CETTE LETTRE

Je t’écris cette lettre / Malgré tout se temps là / Qui me sépare de toi / Nous aurions pu peut-être / Nous voir plus que ça / Mais la vie est comme ça / Je suis devenu prêtre / Pour oublier parfois / Que je venais de là / Où nous vivions de guêtre / Caché parmi les rats / Perdu dans les combats / Je me sens un peu traître / De n’avoir jamais pu / Que fuir par les rues / J’aurais souhaitez peut-être / Faire quelque chose même bête / Que voir tomber leurs têtes / Je pense à eux souvent / Et ce jour malheureux / Où ces brutes s’en virent / Puis se dernier regard / De leurs têtes au sols / Encore tendre pour nous / Pourquoi suis je encore là / Tant des notre sont mort / Sous la machette à tord / Se canapé jeté / Sur nos corps d’enfants / Ce rien d’une maman / Et nous voilà en vie / Dans se charnier immonde / Perdu de solitude / Puis ses nuits à courir / A voler dans les fermes / Un peu notre sursis / J’aimerais bien rayer / Toutes ces lignes là / Et te parler de joie / Mais si depuis se temps / Nous ne voyons pas / C’est à cause de ça / Je t’écris cette lettre / Et j’ai mal de dire ça / Car tu n’me manques pas / Ma sœur trop de se temps / Se trouve à ton chevet / Et je t’aime pourtant / Cela dis je vais bien / J’ai oublié la haine / Au fond de mon couvent / J’espère que pour toi / Les jours sont meilleurs / Et ta famille est belle / Je t’embrasse ma sœur / Je mets chaque matin / Un cierge pour toi / Et bien sur pour eux / Qui bien certainement / Dansent au paradis / Je t’embrasse ma sœur / Je t’écrirai souvent / Du moins j’essayerai
(Novembre 2004)

CE SILENCE

N’oubliez pas ce silence / De cette ami un jour / Qui descend / Les abysses cruels / De ces grandes solitudes / D’après / A jamais / Se silence / Infernale défiances / Du regret / D’une histoire / Qui s’en va / A jamais / N’oubliez pas ce silence / Qui va de silence en silence / Porté / Par les vagues salées / Sur le miroir du temps / Perdu / A jamais / Se silence / Qui échoue sur le sable / Mouillé / De nos pleurs / Et s’en va / A jamais / N’oubliez pas ce silence / De ce regard creux / Vidé / Quand cet ami un jour / A brisé son miroir / Craquelé / A jamais / Se silence / Quand la vie s’est éteinte / Fatigué /... / Puis s’en va / A jamais…
(Novembre 2004)

LE DIABOLO ENSORCELE

Elle buvait un diabol’ au bar / Elle n’avait pas l’air de me voir / Plongé dans son vert breuvage. / Elle versait quelques maux à part / Au fond de son verre troublé / Quelques maux d’une vieille histoire. / Moi je la regardais pencher / Tout près à me jeter à l’eau / Dès que son œil s’épancherait / Le cœur plein de mots d’amours / De mots pour rire jusqu’au jour / Diluant l’acre du sirop / J’ai voulu lire les versets / Que sa lèvre amère versait / Mais elle conversait sans mot / Alors je l’ai accompagné / Dans se silence mentholé / Nouant mes regards à sa peine / Oh que nous avons siroté / De lacrymale souvenir / Dans le miroir diabolo / Que nous avons entortillé / De paille de si et de pourtant / Dans la lie vert d’un diabolo / L’ombre des houles trépassées / Traçait son onde agitée / A chaque syncope du poignet / Et se dessinaient les contours / D’un amant loin, d’un frère mort / D’une fracture de désamour / Mes yeux peu à peu se brumaient / S’imbibant de ses mélopées / Que noyaient cette jeune belle / Doucement s’apaisait son air / A chaque gorgé de sirop / Quand de larmes je me saoulais / Et j’ai bu toutes ses misères / Toutes la lie du vert breuvage / A diabolosé ma pupille / Elle ne m’a pas regardé / Le verre fini elle disparu / Un sourire sa lèvre fendue / Maintenant je suis face au verre / A sa place je suis assis / Au coin du bar des bannis / Attendant qu’un autre s’en viennent / S’abreuver d’un œil affecté / Du diabolo ensorcelé
(Novembre 2004)

JE VERRAIS BIEN

Belle avenir / Qui pas à pas / S’en vient me dire : / Je suis à toi / Je viens, je vais / Le cœur épris / Epris de toi / De ton sourire / Et si les mots laissent des silences amers / Parlant de toi comme d’un Lucifer / Je prends ta main que m’importe / Je verrais bien / Ma belle amie / Prise à mon bras / Le cœur m’en dit / De voir là-bas / Emmène moi / Faisons ainsi / Chantons la vie / Et la, la, la / Et si les mots laissent des silences amers / Parlant de toi comme d’un Lucifer / Je prends ta main que m’importe / Je verrais bien / Me souviendrai-je / De ces jours là / Comme l’arpège / D’un chant de joie / Belle avenir / Dessine moi / Plus qu’un désir / Bien plus que ça / Et si les mots laissent des silences amers / Parlant de toi comme d’un Lucifer / Je prends ta main que m’importe / Je verrais bien / Et si malheur / Ouvre ses bras / A mes ardeur / Ainsi sera / J’aurai du moins / Porter mes pas / Un peu plus loin / Auprès de toi / Et si les mots laissent des silences amers / Parlant de toi comme d’un Lucifer / Je prends ta main que m’importe / Je verrais bien
(Novembre 2004)

JE NE SAIS

L’matin se lève un jour de pluie / Y’avait de l’eau jusqu’ dans mon lit / Mais j’ t’ai vu belle sous l’ parapluie / J’étais trempé jusqu’à la lie / J’suis v’nu d’ causer la peur au ventre / Tu m’ relucais un peu méfiante / Alors j’ t’ai dis plein d’ mots d’amour / Ça ta fais rire c’était mon jour / Je ne sais si je vais t’embrasser / Mais j’y songe et cela m’est sucré / On est allé boire quelques verres / L’alcool coulait la bonne affaire / Paraît qu’ ça aide de s’ biturer / Moi j’ sais pas trop j’ m’en souviens pas / On a causé toute la nuit / On était bien sous l’ parapluie / On a aussi un peu cuvé / Mais J’vous passe bien de détaillé / Je ne sais si je vais t’embrasser / Mais j’y songe et cela m’est sucré / Au p’tit matin l’air était frais / On a fait tout l’ tour du quartier / En hurlant très fort qu’on s’aimait / Puis les flics nous ont ramassé / Y avait d’ la poussière et des mouches / Et des odeurs qui piquaient l’ nez / Sous les verrous j’ t’ai embrassé / Oh c’ que c’est bon le bouche à bouche / Je ne sais si où ça vais t’aimer / Mais j’y songe et cela m’est sucré
(Septembre 2004)

LA MUSE

Elle avait là / Sur le bout de ses rires / Un accent hérétique / A fondre une obédience / Elle clouait là / Le passant hasardeux, / Sans rien inciter même, / A en grimer la mode / Elle avait là / Tout contre ses regards / Un prisme évanescent / Lassant honteux le ciel / Elle sculptait la / Lune et ses étoiles / En des constellations / Dont les dormeurs rêvent / Elle avait là / Le grain de la beauté / Incrusté sous la peau / Invisible pourtant / Elle portait loin / Les artistes à la nue / A l’aube créatrice / Et les lyres jouaient / Et j’écris là / Cette chansonnette / Sous le feu de sa vue / Où chavire mon cœur
(Septembre 2004)

J'ECOUTAIS

Je ne croyais pas cela possible / Avant ce beau jour de printemps / Pris au vif, percé comme une cible / Par ta voix, délicatement / J’étais se passant, laissé sans destin, / Se traînant de gare en mépris, / L’oreille assourdi du bruit quotidien, / Et s’est lancé, la mélodie / Et j’écoutais tes mots / à m’en crever les tympans, / A oublier qu’elle filait loin de moi, / cette vie sans pitié / Dont tu parlais doucement / J’aurai pu traverser les océans, / Pour y noyer les certitudes, / Que tous rêves n’étaient que du vent, / Mais ta voix les porte si bien / Et je les ai cru tout soudainement, / Alors qu’il me brisait le cœur, / Me confondant à l’écho de ton chant, / Pour mieux épouser cette ardeur / Et j’écoutais tes mots / à m’en crever les tympans, / A oublier qu’elle filait loin de moi, / cette vie sans pitié / Dont tu parlais follement / Tu évoquais un amour en partance, / Dont le voyages semblait beau, / Et ces tout petits riens de l’existence, / Qui me faisait rire à nouveau / Tu mettais enfin des airs de magie, / Là où mon soleil était noir, / Ça ressemble un peu plus à la vie, / Depuis... / Et j’écoutais tes mots / à m’en crever les tympans, / A oublier qu’elle filait loin de moi, / cette vie sans pitié / Dont tu parlais tendrement / Maintenant j’aperçois les sourires / Sur les lèvres d’autres gens / Je vois le verre à demi plein de rire / Je salut les éléphants / Maintenant je souhaite cet avenir / Que tu dessines au vent / Ça ressemble un peu plus à la vie, / Depuis... / Et j’écoutais tes mots / à m’en crever les tympans, / A oublier qu’elle filait loin de moi, / Cette vie sans pitié / Dont tu parlais, éperdument
(Septembre 2004)

DIGNE D'ETRE LA

Retiens un peu de ça / De ces mots que l’on ne dit pas / Reviens si peu un pas / Sur la ligne qui mène hors de là / Oui ces parois sont difficiles / Elles laissent les mains en guenilles / Mais les rêves se doivent d’être / Paupières closes face au sort du soir / Je suis là près de toi / Plein de rimes à ton glas / Tu n’es pas ce crachat / Tu es digne d’être là / Crois moi / Je sais ta vie s’échoue / Sur le béton de ces cités là / Tout y pousse, y lasse au combat / Le soleil ne s’y reflète pas / Et si les menaces n’ont de chenil / Que ces hordes semblent un asile / Tout cela ne mène qu’à des larmes / Au goût poudré du sang et des armes / Je suis là tout pour toi / Plein de grime et de foi / Tu n’es pas ce forçat / Tu es digne d’être là / Crois moi / Renie un peu tout ça / Prends ce cahier que je te dois : Reviens si peu un pas : Même si mes cours semblent las / Sais tu que les espoirs ont des livres : Quelques songes et remèdes s’y délivrent / Si les maux ne s’y arrêtent pas / Des portes humaines s’ouvrent à toi / Je suis là viens à moi / Je te dirais que tu as / Tant de droits, de devoirs / Tu es digne de ces lois / Crois moi, crois moi… / Tu es digne d’être là
(Juillet 2004)

FLANERIE

Un matin au réveil / Le soleil s’est montré / Il avait tant de rêves / Il me les a contés / Toute la journée / Je me suis ébahie / Sous ses douces histoires / Et la nuit m’est venue / Dévoilant un flot d’é- / -oiles à mes yeux / Depuis je flâne et rie / Et même sous la pluie / Des reflets de soleil / Eclaboussent les airs / De grands arcs en ciel / Je ne sais si la vie / Est un chemin de croix / Mais chaque aube venant / Le soleil est présent / Tout plein de récit / Charmant / Je ne sais si la vie / Est un chemin de croix / Mais chaque aube venant / Le soleil est présent / Tout plein de récit / Charmant
(Juin 2004)

LA MORT DU TROUBADOUR

L’aube s’émaille d’un pas de velours / Il s’est éteint le troubadour / Il avait tant, tant à redire / Tant de ces mots trempés de lyre / Il c’est assis ailleurs / L’homme aux poèmes / A chaque rive de ces voyelles / S’y accrochait la ritournelle / Des ces jadis un trop cruel / De ces antan au goût cannelle / L’était ainsi flâneur / Sous sa guitare / Et que le monde s’écroule alors / Que s’ouvre la boite de pandore / Tous les verbiages s’édulcorent / Les mots s’effritent en mirador / Et c’est ainsi, langueur / De ce silence / Tu laisses là de belles odes / Un doux filin que l’âme brode / Des rêveries un peu pourprées / Des ecchymoses emplies de fée / Mais c’est en si mineur / Que va le poète / Par les entrailles de la terre / Trouve ton repos, ton suaire / Tu as nourri tant de nos pas / Inspire maintenant bien Gaia / Tu t’es assis ailleurs / L’aube s’émaille d’un pas de velours / Il s’est éteint le troubadour
(Juin 2004)

L'APPAT HUMAIN

Je n’ai pas oublié / Les chemins buissonniers / Que parcouraient nos rêves / Hors d’haleine, sans brève / L’un vers l’autre élancés / Je n’ai pas oublié / Ses regards détournés / Vers ses anathèmes / Errantes des étrennes / D’un amour effréné / Et je sais / Ce que c’est / Que de courir ainsi / Les chemins de la vie / Pour y graver des rires / Pour y graver nos rires / Je n’ai pas oublié / Quand mon cœur s’est brisé / Au détour d’un buisson / Se trouvait la raison / Elle nous a dévoyé / Je n’ai pas oublié / Ce pas qui résonnait / Peu à peu en murmure / Puis l’absence et l’azur / D’un rêve évaporé / Et je sais / Ce que c’est / Que de courir ainsi / Les chemins de la vie / Pour y revoir les rires / Pour y revoir nos rires / Je n’ai pas oublié / Les chemins buissonniers / Ceux-là qui nous faisaient / Des larmes au coin des yeux / Quand les dévots furent dieux / Je n’ai pas oublié / Que le mal était né / Sous le joug des péchés / Nos rires furent bannis / Pour mieux être soumis / Et je sais / Ce que c’est / Que de courir ainsi / Les chemins de la vie / Pour y sauver des rires / Pour y sauver nos rires
(Juin 2004)

LE PEINTRE MAUDIT

J’aurais préféré dessiner des paupières / Non fardées de noirceur, non striées de colère / Des regards non tranchés de persiennes guerrières / Mais ma plume est saignée de croquis d’ordinaires / Mon pinceau perd ses cils sous le sel des crimes / Sous les mitrailles ardentes sous les cris de l’abîme / Et mon âme grimace à en courber des spleens / Sur les pochoirs candides que ma plume décline / Je n’ai plus assez de ciel, D’aurore teintée de pastel / Pour faire naître des étoiles, sur l’innocence d’une toile / Si ses maux n’entaillaient la peau de mes artères / J’aurais sans nul doute émaillé de couleurs / La peau, des chevalets, étendu de bon coeur / Sous la caresse avide d’un fuseau sans prière / Mais je porte les deuils, les misères et les drames / Floraison de poussières, de chrysanthèmes en flamme / Mes peintures sont des hordes de damnés imparfaits / Tout ce qui me reste d’écume des impairs faits / Je n’ai plus assez de ciel, D’aurore teintée de pastel / Pour faire naître des étoiles, sur l’innocence d’une toile / J’ai bien tenté parfois me dégorgeant le cœur / L’esquisse boréale, l’onde nacrée de fleurs / La vénus impudique, la matin chahuteur / Tronquant le goût du sang d’acidule flaveur / Mais toujours les corbeaux ont jailli de ma plume / Coassant de plus belle sur l’étendu d’écume / Déchirant les parterres, endeuillant les matins / A coup de chant barbare, spallation et venin / Je n’ai plus assez de ciel, D’aurore teintée de pastel / Pour faire naître des étoiles, sur l’innocence d’une toile / J’aurais préféré dessiner des paupières / Non fardées de noirceur, non striées de colère / Des regards non tranchés de persiennes guerrières / Mais ma plume est saignée de croquis d’ordinaires
(Mai 2004)

MADAME DE

Croyez-vous madame / Qu’il soit si infâme / De se serrer ainsi / L’un contre l’autre transi / Vos regards madame / Sur ces corps qui se pâment / Semble hésiter un peu / Entre blâme ou aveu / Je ne saurais madame / Y voir trop de flamme / Mais votre cœur aigri / Se voile de non dit / Et tout vos cris madame / Sont bien teintés des brames / D’une fleur capricieuse, / Qui vous laisse radieuse / Car vos attraits madame / M’inspirent quelques gammes / Dont j’aimerais vous faire / La confidence entière / Si vous êtes madame / Trop empreinte de diffame / Je ne pourrais alors / Vous offrir ce trésor / Voyez donc madame / Les douceurs qui se trament / Et toutes les épopées / Que je pourrais conter / Si ces projets madame / Dont votre âme s’affame / Vous font rougir la joue / Je serais votre loup / Qui masquera madame / Votre cœur qui se pâme / Lorsque d’un baiser / J’avouerai vos pensées
(Mai 2004)

TON Z'HOMME

J’aura voulu être ton z’homme / Qui t fais poiler qu’ t’a à la bonne / Le pantouflar un peu cradingue / A qui tu défargues toute la bringue / J’aura voulu êt’e ton bon z’homme / Qu tu maudis tout comme une vieille cogne / Avec tes compères mégères / Les jours d’ bon dieu où qu’ j’ prendrai l’air / J’aura voulu êt’e ton maton / Brayant a tout c’ qui t’ tourne l’œil / Le pognes triquées dans son veston / Quand ça lorgne sur tes p’lures qui t’ feuille / J’aura voulu êt’e ton couillon / C’ui qu’ tu fait raquer plein sandale / Parce qu’elle te font tout plus aimable / Parce qu’ tu m’ fais blairer cendrillon / Mais j’ suis juste un brailleur de rue / Qui rognent ces arpions d’vant ta lourde / Qu’ tu billes même pas à son ramage / Qui t’ cause fleurette sans retenu / J’aura voulu ét’e ton mignon / Qu’ tu fais tout plein becs sans vergogne / Des p’tite gâteries, des gaudrioles / Qu’ même Rocco il en s’rait marron / J’aura voulu être ton z homme / Mais y a un drôle qui tient paluche / Et j’ le pige tout même si y m’ grippe / T’ avoir trouvé avant qu’ j’ te zyeute / J’aura voulu êt’e ton bon z’ homme / Mais soye bien aise et j’ m’y f’ra bien / D’ n’être juste qu’un chantre de rien / Qu’ ergote que’ques béguins sur ta pomme / J’aura voulu être ton bon z’ homme
(Mai 2004)

L'IRIS NOYE

Miroir d’âme empli de vœux / Chrysalide émaillée de bleu / Dont s’étiole / Quelques remous de l’océan. / Le temps amer a écorné / L’opale voile de tes milles reflets / Et cette image figé dans l’ambre / D’une rétinienne persistance / Qu’irrigue à jamais une ecchymose / Cristallin lac, peau d’un volcan / Dont les versants restent fanés / Malgré le rue / Qui s’écoule sans y penser. / Et si des hommes se déchirent / A rendre Terre aride et pourpres / J’offre ces larmes à cette Terre / Qu’un jour peut être naissent enfin / Le mirage d’un oasis / L’eau qui s’écoule sur la berge / Porte la grivoise manière / Des cœurs blessés / En quête d’aubes apaisées. / Par ses traverses délabrées / Elle entraîne les vœux abscons / Que nous laissaient croire nos pères / Sous la plume de quelques contes : / Fatales rêves de poètes / De maux à mots coule la rime / De nos histoires éphémères / A cette iris / A jamais noyé d’espérance
(Mai 2004)

MOURIR LE VENT

Je reviendrai de là-bas voir mourir le vent, / Parmi les collines en fleurs de nos vingt ans, / Où nos rêves n’étaient encore que des enfants, / Qui courait à perdre haleine, insouciant. / Et sur toi vient mourir le vent, / De ces courses, effrénées, de jeunes gens. / Je reviendrai de là-bas voir mourir le vent, / De ses douces mélodies d’antan, / Que tu fredonnais sans cesse à vingt ans, / Dans le creux de nos ivresses d’amants. / Et sur toi vient mourir le vent. / Une promesse oubliée par le temps. / Je reviendrai de là-bas voir mourir le vent, / Qui caressait de baisés nos fous vingt ans, / A en graver, de nos cœurs, sur les bancs, / Le croquis de nos ardeurs d’amants. / Et sur toi vient mourir le vent, / Comme s’étiolent nos brèves d’enfants. / Je reviendrai de là-bas voir mourir le vent, / De ce temps écoulé, loin, de nos vingt ans, / Sur l’océan où dérivent les amants, / Et ne laisse sur la rive qu’un peu d’antan. / Et sur toi vient mourir le vent, / A ce regard ridé par le temps. / Je reviendrai de là-bas voir mourir le vent, / Et je sais que, toi aussi, tu y attends, / Sur le perron de la vie, la berge du temps, / Où se trouve l’insoumis de nos vingt ans. / Et sur toi vient mourir le vent, / Qui porte l’errance, belle, de vieux amants.
(Avril 2004)

UN REVE

J’ai un rêve / Que nos regards se ressemblent / Malgré nos oripeaux / Et se rêve / Je l’ai vu poindre dans tes yeux / Petit aveu / Ne fuit, ne fuit pas ainsi / Devant cet espoir naissant / Trop de larmes déjà coulent sur nos joues / Ne suit, ne suit pas ces files / Qui s’en vont sans autre mot / Ce sont des nuances dont naissent les échos / Si tes larmes / Sont parfois opposées aux miennes / Dans les guerres d’antan / Ce n’est pas / Sur ma peau un peu blême / Que traîne l’oliphant / Ne fuit, ne fuit pas ainsi / Nous pourrions être ces amants / Qui de ces méprises effacent le tourment / Ne suit, ne suit pas ces files / Qui font du passé un carcan / Les anciens je crois, rêvaient à d’autres allants / Retourne toi / Regarde moi / Ne fais pas ce pas qui t’emmène loin de moi / Il est bien temps / Que se joignent nos fois / J’ai un rêve / Que nos regards se ressemblent / Malgré nos oripeaux / Et se rêve / Je l’ai vu poindre dans tes yeux
(Février 2004)

FERMER LES YEUX

Mélodie / Que l’on entend sous les oliviers / Quand le vent s’enhardi / Une bise / Qui murmure dans les feuilles / Une complainte fleurie / Et la vie / Me revient du fond d’un songe / Où nos raisons l’avaient enfouie / Fermer les yeux / Se taire un peu / Mélodie / Qui efface le pamphlet / De tout nos petits mépris / Une bise / Comme un rêve bien caché / Sous l’aube de nos récits / Et la vie / Me semble n’être qu’un peu d’air / A inspirer, sans souci / Fermer les yeux / Se taire un peu / Mélodie / Qui porte les mots des poèmes / Bien plus que les grands esprits / Une bise / Fraîche comme l’eau d’une source / Que le hasard à bâti / Et la vie / Passe et avance à petit pas / Et vient à vous, en ami / Fermer les yeux / Se taire un peu / Mélodie / Qui s'écoule entre mes mains / Si douce mélodie / Et la vie / Est bien plus belle sous l’olivier / A croquer, sans lubie / Fermer les yeux / Se taire un peu
(Décembre 2003)

FUGUE

Bouts de haine / Qui s’égrainent / Comme des oriflammes / Sur le pan de nos âmes / Bouts de peine / Qui larsens / Le peu de nos rêves / Nos faibles bohèmes / Reviens, Reviens / Si la lie / Est ainsi / Ne faisons pas de même / Ebauchons des poèmes / Trop d’envie / Nous dénie / Oubliant nos essences / Nos belles évidences / Reviens, reviens / Je n’ai pas eu ce temps / De te dire / Ce que tous ces reflets / Ont de lyres / Si ta vie maintenant / Laisse à dire / Ces illusions de joie / Sont bien pires / Reviens, reviens / Ne laisse pas / A ce glas / S’étioler nos repères / Se taire l’éphémère / De ton pas / N’ôte pas / Les échos de la terre / Où tissent nos jachères / Reviens, reviens / De ce monde / Les colombes / Sont les seules merveilles / Le reste n’est que vermeil / Vivre avec / Humblement / Pour y voir les pastels / Les petites airelles / Reviens, reviens
(Decembre 2003)

PETITE FILLE DE MONTMARTRE

Petite fille de Montmartre / Si tes rires sont sans mépris / Sache que non loin rue Lamark / Un homme va finir sa vie / Il te dédie toutes les histoires / Son dernier souffle un peu pour toi / Pour tous les enfants qui se marrent / Adoucissant le froid linceul / Petite fille de Montmartre / Le cœur plein de ce grand soir / Les mains remplies de tant de rêves / Porte bien haut l’âme des anges / Au coin d’une rue solitaire / L’homme laisse la nuit venir / L’alcool s’étiole à la neige / Le blanc manteau enterre l’homme / Il vivait au porche des âtres / Dans l’angle mort des regards / Une ombre dans l’ombre du cloître / Une écume sur le pavé / Petite fille de Montmartre / Si ta fenêtre reste fermée / Tes rires, sortent, tracent un sourire / Sur ses lèvres craquelées / Petite fille de Montmartre / Si tes rires sont sans mépris / Sache que non loin, rue Lamarck / Un homme repose sous la lie / Un ange s’envole quand tu ris
(Décembre 2003)

NE LAISSE PAS

Si la vie est un long mystère / Qui passe comme une chimère / Il faut du temps et des revers / Pour y forger nos éphémères / Et si ces années trop fragiles / Ecorne nos mains malhabiles / Ne pas en faire des poings hostiles / Qui brandissent des évangiles / Je te suivrai par ces escarpes / Dans ces calanques ensoleillés / Et nous y bâtirons des rimes / Des arcs en ciel émancipés / Oh ne laisse pas le temps vieillir / Sous les ailes des obédiences / S’écraser au fond de l’asile / De ces vulgaires suffisances / Si chacun de nous est unique / Pourtant de m^me sort ethnique / Faut-il n’être que pour soi / Faut-il vivre sans être soi / Et si s’écoule se libre arbitre / Entre nos murs molletonnés / Ce doit on vouer tant d’ambition / Ce doit on de tout partager / Nous laisserons sur les grands plages / Au creux des vagues déchaînées / Un peu de l’ardeur de nos rêves / D’une liberté sans despotisme / Oh ne laisse pas le temps vieillir / Sous les ailes des obédiences / S’écraser au fond de l’asile / De ces vulgaires suffisances / Je ne crois plus qu’à tes regards / Car bien et mal sont des miroirs / Qui se grimace mutuellement / A coup de guerre et de pouvoir / Et sous l’hymen de tes grands yeux / Je vois s’unir l’un et l’autre / Je vois la vie en un peu mieux / Plein de nuance, de tempérance / Je préfère ces embruns sauvages / De tes caresses et tes rivages / Où l’eau danse si fraîche et claire / Où nos mains n’ont point de combat / Oh ne laisse pas le temps vieillir / Sous les ailes des obédiences / S’écraser au fond de l’asile / De ces vulgaires suffisances
(Décembre 2003)

SOFIA

Deux grands yeux opalins / Sur un arbre perché / Un regard coquin / Qui nous donne à rêver / Sofia quelle merveille / Le matin au réveil / Un vague air de taupe / Q’y a perdu sa loupe / Sofia / Fait moi tes yeux de chat / Sofia / Chante moi cet air là / Sofia, Sofia / Une crinière farouche / Une mine coquette / Ta poitrine oh je louche / Ton corps de belette / Sofia quelle merveille / La journée au soleil / Un vague air de poule / Qu’a trouvé une cuillère / Sofia / Un sourire c’est l’émoi / Sofia / Reprend donc cet air là / Sofia, Sofia / Sofia oui pour toi / Je danserai tout nu / Et même si je le dois / Une plume dans le … / Sofia quelle merveille / Le soir à la veille / Un vague air de singe / Qu’a trouvé un réveil / Sofia / Un baiser et tout va / Sofia / Danse donc avec moi / Sofia, Sofia / Une allure sensuelle / Un fessier rebondi / Quelque chose de sexuel / Quand tu dis bonne nuit / Sofia quelle merveille / Toute la nuit qui sommeille / Un vague air d’asticot / Au bout d’une canne à pêche / Sofia / Fait moi encore ça / Sofia / Reprend donc ce pas / Sofia, Sofia / Si cette farce j’avoue / Est d’un ton bien moqueur / Elle ne veut entre nous / Que taquiner ton cœur / Faire rougir tes joues / Et bondir ton humeur / Sofia quelle merveille / Toute une vie pareille / Un vague air d ’catherinette / Qui cherche sa citrouille / Sofia / Fait moi tes yeux de chat / Sofia / Un sourire c’est l’émoi / Sofia / Un baiser et tout va / Sofia / Fait moi encore ça / Sofia, Sofia...
(Decembre 2003)

DOUCE AMER

Douce amère Amandine / Petite brune un peu timide / Tu bats les planches sans orgueil / Quelques songes au coin de l’œil / Tu as laissé au fond du temps / Une terre de vieux gréements / Où la mémoire s’enroule de vagues / Et la peau s’empourpre de fables / Douce amère Amandine / Si la vie n’a pas de rime / Tu la danses, tu la mimes / Le pas en fresque d’opaline / D’un entrechat à un envol / Naissent les houles du passé / Tout cet émoi comme une obole / Offert au yeux inopinés / Douce amer Amandine / Si les chemins nous déracinent / Une bohème s’y dessine / Ballet de courbes et de lignes / Et si les mots sont imparfaits / De quelques gestes tu refais / Battre les cœurs d’insouciance / Estompant les rives d’obédiences / Douce amère Amandine / Petite brune un peu timide / Tu bats les planches sans orgueil / Quelques songes au coin de l’œil
(Novembre 2003)

PAPILLON

Papillon à tire d’aile / S’envole vers le ciel. / Course éperdue après le jour / Contre le sort d’un souffle court. / Il fuit la nuit, sourd à ces heures / Tant de beautés laissées ailleurs. / Vaine fuite la nuit l’emporte / Expire pour rien vie éphémère. / D’une grimace plein de regret / Il meurt d’un cri tout effaré. / Papillon à tire d’aile / Souhaite enfin la bagatelle. / Son autre lui, un peu moins fier, / Posa ses heures près du bonheur. / D’une fleur à l’autre butine alors / Quelques passions multicolores. / D’une tendre danse, le cœur battant, / Il rompt la peur ce brève instant. / L’heure du trépas, plein de beautés, / Il a souris fière d’être né.
(Octobre 2003)

DEPRESSION

Essayer de vivre, / Comme un Albatros / Aux ailes trop lourdes, / Prit dans la mélasse, / Orgie de foutaise. / Essayer de rire, / Malgré ces charognes / Qui jonchent nos routes, / Rongées par le temps, / Comme un souvenir. / Essayer le pire, / S’oublier un jour, / Dans une prière, / Effacer le pourpre, / S’y brûler les yeux. / Et si le temps passe, / S’envole sans fin, / Avec nos bonheurs, / Nous laissant tari, / Le cœur ridé. / Essayer de vivre… / Si la lune brille, / Elle n’est qu’un reflet / De songes égarés, / Parmi des débris / De vers effrités. / Si l’aube s’étire, / Elle voile d’une pâleur / Mon regard sans teint, / Ni voir que fadaise, / Ni voir que mesquin. / Si les jours s’effilent, / Mon âme s’y choit, / Au berge des peines, / A compté les heures, / Avant le repos. / Essayer de vivre…
(Octobre 2003)

BOUT DE BOHEME

Le monde brûle dans nos bras, / Les vies expirent sous nos pas. / Trop d’épitaphes gravent nos peaux, / Trop de cimetière comptent nos os. / La terre se craquelle sans cesse / Et mon cœur à ces maux se blesse. / Ne reste plus que des histoires / Pour apaiser un peu nos soirs. / Où est passé ce bel Eden / Que promettent tant de poèmes. / Est-il à tout jamais un mythe / Eparpillé dans nos chimères. / Nous reste-il un peu de temps / Pour que nos rêves soient amants. / Confondre encore nos regards / Que s’y emmêlent nos espoirs. / Bout de bohème, aube sauvage, / Instants aux berges du partage, / De ces détresses, de ces orages, / Vous défroissez un peu la page. / Le temps s’effile, le temps s’efface, / Les modes fanent, les idées passent. / Mais rien ne change derrière ces masques, / La vie traîne l’ombre à ses basques. / Ne peut-on pas les mains lassées / Laisser cette ombre sous nos traces. / Chacun humble de n’être juste / Qu’une parcelle de ce monde. / Si une nuit la paix démaille / Nos détresses et nos soucis / Et si le temps suspend sa maille / Que survit, sans fin, cette nuit
(Août 2003)

AMERTUME

Pauvre frère de misère, / Egorgé par des prières, / Ton sang graisse les jachères, / Des puissances mercenaires, / Qui récolte sur ton suaire, / La fortune amère. / Ils ont fané sur les chemins, / Ton cœur de pâtre un peu païen, / Au nom des dieux et des martyrs, / Au nom des recueils anciens. / Bafouant quelques vieux poèmes, / Pour un or amère. / Ils ont fendu ton frêle destin. / Ils ont aveuglé les pieux cœurs, / Des peuples éreintés du labeur, / A coup d’histoire, de rancœur / Profitant des crédules airains, / Par la haine amère. / Je traîne un peu tes guenilles, / Aux porches des palais ivres, / Aux portes des temples avides, / Au nez des hordes, au nez des hardes, / Au nez des héros et des lâches, / D’une mort amère. / Je trace ces quelques notes, / Avec les cendres de ton corps, / Dans les débris, sur les tombes, / Que se reflètent comme un sort, / Les richesses des dévotes, / De souvenirs amers. / Cette épitaphe souffre ton nom, / Gravé sur l’absent mémorial, / Des laissés pour compte abscons, / De l’inquisition commerciale. / Je te dédie ces quelques larmes, / Un peu amer.
(Août 2003)

PREMIER SOUPIR

Heures sauvages / Du fond des âges / Passe chemin / Chemins de vers / Dans nos chimères / S’en vont au loin / Laisse à nos cœurs / Une rumeur / Air lointain / D’une belle histoire / Toile d’espoir / Peint de nos mains / Premier soupir de ma jeunesse / Tendre zéphyr de mon histoire / Restent gravés en ma mémoire / Comme une bohème d’allégresse / Quelques pastels / Des pans de ciel / Traces de rien / Laissé un soir / Sur nos regards / Entrelacés / Tendres couleurs / De nos ardeurs / Ebouriffées / Dans un baiser / Presque volé / A nos années / Premier soupir d’allégresse / Tendre zéphyr de mon histoire / Restent gravé en ma mémoire / Comme une bohème de jeunesse / Cette bohème qui me reste
(Mai 2003)

JE TE REJOINS

Aux cordes usées d’une guitare, / Je raccorde les airs d’enfances, / Que nous composions au hasard, / Des caprices de l’insouciance. / Fou, nous chantions à pleine voix / Comme deux casserole plutôt rouillé / Des balades, des chemins de bois / Qui se perdaient en champs de blés / Et j’aperçois de rythmes en blues, / Au loin sur un chemin de bois / L’ombre d’un bel enfant qui glousse / De ses bêtises d’autrefois. / Je te rejoins sur ce sentier / Où nous vivions le cœur lié, / Ivre de nos airs emmêlés. / Je te rejoins parmi les blés / Où rime encore nos amitiés, / Où j’aime d’un accord m’allonger. / La vie s’est brumée de larsens, / Et n’as laissée plus qu’un écho, / Sur le diapason de ma peine, / Où s’effeuillent nos oripeaux. / Les stances malignes du vent, / Ont, toutes nos rimes, égarées, / Les beaux fous rires, et puis le temps, / De nos vieux riffs improvisés. / Mais une guitare de rythme & blues, / Nous a par hasard retrouvé. / au creux de cette chanson douce, / Enfin nos voix sont accordées. / Je te rejoins à cette chanson / Où nous vivons le cœur lié, / Ivre de nos airs emmêlés. / Je te rejoins à cette chanson / Où rime encore nos amitiés, / Où j’aime d’un accord m’allonger.
(Janvier 2003)

MA PRIERE QUELQUES MOTS

J’ai la tête lourde de mots, / Et le cœur qui se serre, / Trop de misère trop de maux, / Dans les rues, dans les guerres. / Un peu d’air, / Un peu d’eau, / Un arbre en fruit sur la terre. / Ma prière, / Quelques mots, / Pour une vie moins amère. / Chacun écoute son écho, / Et n’entend pas son frère, / Qui d’un râle, d’un sursaut, / Se retrouve sous la terre. / Un peu de paix, / Moins d’ego, / Un regard neuf sur nos pères. / Ma prière, / Quelques mots, / Pour les peuples de la terre. / Jeux de pouvoir des escrocs ; / Une société qui se perd. / A vouloir toujours trop, / On efface nos confrères. / Un peu de vrai, / Moins de mots, / Un langage qui s’éclaire. / Ma prière, / Quelques mots, / Pour les peuples moins amers. / Un peu de vrai, / Moins de mots. / Un peu de paix, / Moins d’ego. / Un peu d’air, / Un peu d’eau. / Ma prière, / Quelques mots.
(Juin 2001)

UN MONDE TROP DEFAIT

(c'est un DUO)
Des bidonvilles à la cité / Je roule ma bille désabusée / J’ai le cœur gris, le regard noir / Le sang aigri de vieux espoirs / Le point armé, je jure amer / De tout brûler, l’ordre et la terre / Je roule ma bille à la cité / Des bidonvilles désabusés / Je te regarde brûler ta vie / Désespéré de ton mépris / Mes cours usées face à tes lois / Mes mises en gardes restent sans voix / Je t’attends las à mon bureau / Le mauvais temps coule à ta peau / Mais je te tends à ma façon / Tout mon soleil dans mes leçons / De ton école rien ne me va / Trop de blabla ma tête est lasse / Tous ces projets pour l’avenir / Mais quand je sors c’est toujours pire / Mes cicatrices sont trop ouvertes / Pour écouter faire des dissertes / La tête plomber de l’injustice / D’une vie fanée dès ses prémices / Je viens d’un monde sans éclat / Je sais ton monde mais n’y suis pas / Comme une langue qui se sépare / En deux dialectes sans égard / Juste une lisière entre nous deux / Mais rien à faire, tu m’en veux / Mon aide ne se peut sans toi / Et je suis là, tu n’y viens pas / Mais que faire / Pour sortir du méfais / Comment faire / Dans un monde trop défait / Pour tendre une main / Juste le cœur sous embruns / Je cherche le vrai parmi mes maux / Je cherche la valeur de ma peau / Pas de coupable tout le monde l’est / Vous en premier de vos effets / Ce monde m’abjure j’en suis l’abcès / Alors je souffre dans l’excès / L’âme me brûle j’ai la bougeotte / Venir à vous rien ne m’y porte / Un jour peut-être je veux y croire / Tous nos dialectes iront choir / Contre ce rêve nommé Babel / Pour une trêve sans appel / Je t’apprendrai à dire aimer / A conjuguer fraterniser / Espérons-le à nos enfants / Un jour peut-être il serait temps / Un jour peut-être
(2001)

SOUFFLE D'ENFANCE

Un oiseau danse dans le ciel, / Brode des nuages en dentelle. / Ses rêves peignent l’horizon, / Et font teinter les diapasons ! / Un bateau quitte le port, / Vers des contrées de milles flores / Et la vie part en voyage, / Où vivent tous les mirages ! / Cours, oh cours, plus vite encore, / Le temps, le temps, t’envie encore / Le temps est jeune dans tes yeux, / Brave l’avenir insidieux, / De rêves au reflet de cristal / De milles récits en étoiles / Le temps, le temps, boude à distance, / Cours, oh cours, souffle d’enfance. / Un mouton saute du bleu ciel, / Vers le bois des milles merveilles, / Et le loup part en voyage / Sous les cris de tes orages. / Puis l’oiseau vole à l’horizon, / Rechercher loup et mouton. / Un voilier les ramène au port, / Pour que tu puisses rire encore. / Vole, Oh vole, plus haut encore, / Le temps, le temps, te laisse encore. / Le temps est jeune dans tes mains, / Brave l’avenir incertain, / S’y cache ce que l’on ne voit plus, / Derrière nos miroirs déchus. / Le temps, le temps, est à l’errance, / Cours, oh cours, souffle d’enfance. / Rie, oh rie, plus fort encore, / Le temps, le temps, te reste encore. / Le temps est jeune dans tes cris, / Brave l’avenir indécis. / La vie y gagne à exister, / Laissons encore hurler son fait. / Le temps, le temps, couvre la chance, / Cours, oh cours, souffle d’enfance.
(Décembre 1999)

SANS ABRI

Tu croises un jour, miette d’âme sœur, / Nos pas éreinté de labeur, / Les regards fuient, tombent les cœurs, / Tu es le miroir de nos peurs. / La face à terre, le jour sans heure, / Tu te demandes qui est humain. / Et passe et que rôde le mal-aimé, / Sur le trottoir de notre monde. / Et passe et que rôde le mal rasé, / Seul le soleil n’est pas immonde. / Tu as perdu sur le chemin, / Tout le fruité de ton grand vin. / Et c’est vinaigre que devin, / Le peu de vie de ton destin. / Puis ta bouteille s’est brisée, / Et tu traînes ces débris de toi. / Et passe et que rôde le malheureux, / Sur le trottoir de nos déroutes. / Et passe et que rôde le malchanceux, / Seul le soleil décore sa voûte. / Tu as au coin de ton œil droit, / Une larme noircie d’autrefois, / Car la tendresse vibrait en toi, / Ton cœur dansait, riait parfois. / Ces toiles passées bravent le froid, / Mais craquent, un jour, leurs vernies. / Et passe et que rôde le vieux garçon, / Sur le trottoir de nos cités. / Et passe et que rôde le vagabond, / Seul le soleil réchauffe ses pieds. / Tu traînes ton ombre décrépie, / Par les boulevards, sans répits. / L’âme voûté, la peau noircie, / Tu ne baignes plus qu’à la pluie. / Depuis tant d’années sans-abri, / Tu ne sais plus voir ta beauté. / Et passe et que rôde le déshonneur, / Sur le trottoir ou sur les quais. / Et passe et que rôde le crève-cœur, / Seul le soleil admire ses traits. / Tu t’étales sur un banc d’acier, / La rue sera ta voie lactée, / L’alcool ta chaleur anisée, / Les passants ton cinéma muet. / Tu t’endors là, sans y penser, / La mort attend à ton chevet. / Et passe et que rôde le sans-abri, / Sur le trottoir finissent ses pleures. / Et passe et que rôde le sans ami, / Seul le soleil voit qu’il se meurt.
(Novembre 1999)

LE BLEU DE MA VIE

L’océan sur ma tête / Insolite reflète / L’étendue bleue de ma vie / Qui m’emporte pas à pas / A explorer sous tes cils / L’avenir de mes trémats. / Pour exulter tout l’amour / De nos deux corps en velours. / Que de bleu soient mes heures / A l’azur de ton regard. / Et que de bleu soit ma vie / Sans jamais que ne s’égare / Sous les nuages laineux / Le désir de nos peaux : bleu. / Mille flots de lagunes / Emplissent à mes dunes, / Baignent le bleu de ma vie / Où je flotte sans leste / Du passé et du mépris / Emaillés sous leur veste. / Pour exulter tout l’amour / De nos deux corps en velours. / Que de bleu soient mes heures / Sous ces vagues si douces. / Et que de bleu soit ma vie / Quand le ressac s’émousse / Et arrose les ardeurs / Du désir de nos peaux : bleu / Ces courbes qui s’allongent / Sur les feuilles d’un songe / Tracées du bleu de ma vie / Sous les mines arides / L’encre coule sans avis / Et j’en suis tant avide. / Pour exulter tout l’amour / De nos deux corps en velours. / Que de bleu soient mes heures / Aux élans de ces lignes. / Et que de bleu soit ma vie / Par ces courbes félines / Se dessine le bonheur / Du désir de nos peaux : bleu / De tout le bleu de ma vie / Se dessinent les contours / Du désir de notre peau : / Le tendre bleu de nos vies.
(Août 1999)

AVEC MES MOTS

Toutes ces heures avisées à sculpter / Ces textes au souffre de ma passion / Pour écrier la douleur l’émotion / A mon cœur lassé / Je vous dédie avec mes mots / A vous qui humer un peu de poésie / A vous qui tendez une main à la vie / Je vous écris avec mes mots / Et je délaisse le souffle d’un son / La chimère d’une idylle sans fond / Laissent s’égosiller dans le tréfonds / Les raz du plafond / Je m’adresse avec mes mots / A vous qui rêvez de temps plus clément / A vous qui osez un regard présent / Et qui musez avec mes mots / Toutes ces peurs ces désirs d’une vie / Ces déboires ces idéologies / Délivrés dans le vent pour partager / Un peu d’amitié / Je vous dédie avec mes mots / A vous qui saignez toutes ces phrases / A vous qui rimez toutes leurs gammes / Je vous chante avec mes mots…
(Mars 2000)

PARTAGE DE NOS AMITIES

Les sociétés puisent leurs transes / Aux sangs halés de la souffrance. / De textes écrits dans nos carences / S’embrasent les foules de papier. / De coeurs brisés en véhémence / Naissent des musiques embrumées / Mais laissons ce soir s’écrier / La peine au fond d’un brouillard / Oui, laissons la haine hurler / Seul au terrain boueux des gloires / Adonnons-nous sans attitude / Au émois de rire de chanter / Au partage de nos amitiés / Enlace les notes de bohème / Colore la larme vagabonde / Laisse ton pas suivre la gamme / Ton corps enlacer la pénombre / Désaccorde l’accord du blâme / Entonne ces folies de l’ombre / Osons ce soir laisser l’abcès / De ces méfait bordant nos voies / Osons une soirée d’avance / Vivre de paix dans chaque pas / Adonnons-nous sans attitude / Au émois de rire, de danser / Au partage de nos amitiés
(Mars 2000)

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