Elle avait des couettes, un air cabochon / L’était toujours prête pour chercher des nions / Puis aller pleurer auprès de nos vieux / Pendant qu’ j’ m’en prenais une bonne, voir même deux // Elle voulait tout net qu’on l’appelle Fanny / Parc’ qu’elle trouvait qu’ Steph sonnait pas Jolie / Moi j’ l’appelle « la grosse », encore, aujourd’hui / Les abdos Nutella, ça vous reste à vie // Bah c’est ma p’tit sœur à c’ que m’ disent nos vieux / Y faut faire avec / Aujourd’hui elle s’ marie, bon mon courage à lui // L’écoutait en boucle les tubes qu’elle préfère / Moi, Mylène Farmer, j’ peux plus la saquer / Du matin au soir en braillant, bien faux / Je suis libertine ; à 7 ans ; ah bon // Le week-end le lit, c’est jusqu’à midi / Faut pas faire de bruit, parce qu’elle a le droit, d’abord / Ou alors faut, au moins, servir l’ p’tit dej au lit / Sinon c’est la gueule, les reproches, les cris // Bah c’est ma p’tit sœur à c’ que m’ disent nos vieux / Y faut faire avec / Aujourd’hui elle s’ marie, bon mon courage à lui // Plutôt camionneur que poupée chiffon / Vive les salopettes, à bas les jupons / Enfin, ça dépend, parce que pour une soirée / Trois cents magasins pour revenir dans le premier // Mais côté sportif ; faut pas déconner / La danse / C’est pour les fillettes, du soft-ball, non mais ! / Et puis au théâtre des rôles biens burnés / Arpagon, l’homme invisible ; si, si, elle les a joué // Bah c’est ma p’tit sœur à c’ que m’ disent nos vieux / Y faut faire avec / Aujourd’hui elle s’ marie, bon mon courage à lui // Elle aurait pu aimer cueillir des pâquerettes / Bah non, tout l’été, elle traquait les cailloux / Sa brillent, c’est jolies, non c’est pas si gros qu’ ça / Même si j’ le soulève pas, t’es costaud mon papou ; puis t’as un grand sac ; allez, s’il te plait, pour m’ faire plaisir… // Contre les araignées elle à une arme secrète / Accroupis, tête en avant, à hurler comme un âne / Après l’animal, cette chansonnette: « une araignée sur le plancher se tricotait des bottes… /Sa fait fuir tout ce qui passe mais pas trop la bébête // Bah c’est ma p’tit sœur à c’ que m’ disent nos vieux / Y faut faire avec / Aujourd’hui elle s’ marie, bon mon courage à lui // Sœur Stéphanie des pauvres, aujourd’hui, c’est ainsi / S’en va voir ailleurs auprès d’un mari / Que vous dire de plus il a signé lui aussi / Ça m’ fais des vacances et tant pis pour lui // Bah c’est ma p’tit sœur à c’ que m’ disent nos vieux / Y faut faire avec / Aujourd’hui elle s’ marie, bon mon courage à lui / Bon courage, à lui.
(Mai 2006)
(Mai 2006)
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