11.6.06

UN MONDE TROP DEFAIT

(c'est un DUO)
Des bidonvilles à la cité / Je roule ma bille désabusée / J’ai le cœur gris, le regard noir / Le sang aigri de vieux espoirs / Le point armé, je jure amer / De tout brûler, l’ordre et la terre / Je roule ma bille à la cité / Des bidonvilles désabusés / Je te regarde brûler ta vie / Désespéré de ton mépris / Mes cours usées face à tes lois / Mes mises en gardes restent sans voix / Je t’attends las à mon bureau / Le mauvais temps coule à ta peau / Mais je te tends à ma façon / Tout mon soleil dans mes leçons / De ton école rien ne me va / Trop de blabla ma tête est lasse / Tous ces projets pour l’avenir / Mais quand je sors c’est toujours pire / Mes cicatrices sont trop ouvertes / Pour écouter faire des dissertes / La tête plomber de l’injustice / D’une vie fanée dès ses prémices / Je viens d’un monde sans éclat / Je sais ton monde mais n’y suis pas / Comme une langue qui se sépare / En deux dialectes sans égard / Juste une lisière entre nous deux / Mais rien à faire, tu m’en veux / Mon aide ne se peut sans toi / Et je suis là, tu n’y viens pas / Mais que faire / Pour sortir du méfais / Comment faire / Dans un monde trop défait / Pour tendre une main / Juste le cœur sous embruns / Je cherche le vrai parmi mes maux / Je cherche la valeur de ma peau / Pas de coupable tout le monde l’est / Vous en premier de vos effets / Ce monde m’abjure j’en suis l’abcès / Alors je souffre dans l’excès / L’âme me brûle j’ai la bougeotte / Venir à vous rien ne m’y porte / Un jour peut-être je veux y croire / Tous nos dialectes iront choir / Contre ce rêve nommé Babel / Pour une trêve sans appel / Je t’apprendrai à dire aimer / A conjuguer fraterniser / Espérons-le à nos enfants / Un jour peut-être il serait temps / Un jour peut-être
(2001)

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