11.6.06

TON REVE DECHU

Un an laissé au gré des vents sur le ciment de la bêtise / Un an laissé, sans plus d’égard, a trop traîner, trop de méprise / Un an laissé et rien à faire : Il est perdu ; Tout est perdu ; Il est perdu au fond de toi / Et tu grattes le ciel / Et tu maudis le ciel / Et tu maudis le ciel, celui qui t’a gardé vivant ; Mort vivant / Un an déchu et tu les cherches, ces beautés de ton enfance / Un an encore à voir passer les trains remplis d’incertitude / Un an sur les bancs de l’absurde : Il est sans but ; Tout est sans but ; Il est déchu ton rêve à toi / Et tu grattes le ciel / Et tu maudis le ciel / Et tu maudis le ciel, celui qui t’a gardé vivant ; Mort vivant / Un an a traqué le bon dieu à coup d’espoir et de labeur / Un an à trimer pour leur yeux et puis vidé comme une poubelle / Un an à cerner ton visage ; et puis la rue ; t’ont pas voulu ; mis à la rue ton rêve et toi / Et tu grattes le ciel / Et tu maudis le ciel / Et tu maudis le ciel, celui qui t’a gardé vivant ; Mort vivant / Un an et tu ne sait quoi faire, ils n’ont pas voulu te bénir / Un an et tu sais que maintenant te reste seulement la dérive / Un an puis une éternité : A faire la pute ; Tout te rebute ; Elle te rebute ta vie à toi / Et tu grattes le ciel / Et tu maudis le ciel / Et tu maudis le ciel, celui qui t’a gardé vivant ; Mort vivant / Un an qui t’en apporte dix sur tes épaules, ton dos qui ploie / Un an et tu aime le vertige du haut des ponts, du haut des tours / Un an ; te reste plus qu’à maudire : Il est sans but ; Tout est sans but ; Il est déchu ton rêve à toi
(Mai 2005)

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