Si la vie est un long mystère / Qui passe comme une chimère / Il faut du temps et des revers / Pour y forger nos éphémères / Et si ces années trop fragiles / Ecorne nos mains malhabiles / Ne pas en faire des poings hostiles / Qui brandissent des évangiles / Je te suivrai par ces escarpes / Dans ces calanques ensoleillés / Et nous y bâtirons des rimes / Des arcs en ciel émancipés / Oh ne laisse pas le temps vieillir / Sous les ailes des obédiences / S’écraser au fond de l’asile / De ces vulgaires suffisances / Si chacun de nous est unique / Pourtant de m^me sort ethnique / Faut-il n’être que pour soi / Faut-il vivre sans être soi / Et si s’écoule se libre arbitre / Entre nos murs molletonnés / Ce doit on vouer tant d’ambition / Ce doit on de tout partager / Nous laisserons sur les grands plages / Au creux des vagues déchaînées / Un peu de l’ardeur de nos rêves / D’une liberté sans despotisme / Oh ne laisse pas le temps vieillir / Sous les ailes des obédiences / S’écraser au fond de l’asile / De ces vulgaires suffisances / Je ne crois plus qu’à tes regards / Car bien et mal sont des miroirs / Qui se grimace mutuellement / A coup de guerre et de pouvoir / Et sous l’hymen de tes grands yeux / Je vois s’unir l’un et l’autre / Je vois la vie en un peu mieux / Plein de nuance, de tempérance / Je préfère ces embruns sauvages / De tes caresses et tes rivages / Où l’eau danse si fraîche et claire / Où nos mains n’ont point de combat / Oh ne laisse pas le temps vieillir / Sous les ailes des obédiences / S’écraser au fond de l’asile / De ces vulgaires suffisances
(Décembre 2003)
(Décembre 2003)
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