11.6.06

BOUT DE BOHEME

Le monde brûle dans nos bras, / Les vies expirent sous nos pas. / Trop d’épitaphes gravent nos peaux, / Trop de cimetière comptent nos os. / La terre se craquelle sans cesse / Et mon cœur à ces maux se blesse. / Ne reste plus que des histoires / Pour apaiser un peu nos soirs. / Où est passé ce bel Eden / Que promettent tant de poèmes. / Est-il à tout jamais un mythe / Eparpillé dans nos chimères. / Nous reste-il un peu de temps / Pour que nos rêves soient amants. / Confondre encore nos regards / Que s’y emmêlent nos espoirs. / Bout de bohème, aube sauvage, / Instants aux berges du partage, / De ces détresses, de ces orages, / Vous défroissez un peu la page. / Le temps s’effile, le temps s’efface, / Les modes fanent, les idées passent. / Mais rien ne change derrière ces masques, / La vie traîne l’ombre à ses basques. / Ne peut-on pas les mains lassées / Laisser cette ombre sous nos traces. / Chacun humble de n’être juste / Qu’une parcelle de ce monde. / Si une nuit la paix démaille / Nos détresses et nos soucis / Et si le temps suspend sa maille / Que survit, sans fin, cette nuit
(Août 2003)

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