Pauvre frère de misère, / Egorgé par des prières, / Ton sang graisse les jachères, / Des puissances mercenaires, / Qui récolte sur ton suaire, / La fortune amère. / Ils ont fané sur les chemins, / Ton cœur de pâtre un peu païen, / Au nom des dieux et des martyrs, / Au nom des recueils anciens. / Bafouant quelques vieux poèmes, / Pour un or amère. / Ils ont fendu ton frêle destin. / Ils ont aveuglé les pieux cœurs, / Des peuples éreintés du labeur, / A coup d’histoire, de rancœur / Profitant des crédules airains, / Par la haine amère. / Je traîne un peu tes guenilles, / Aux porches des palais ivres, / Aux portes des temples avides, / Au nez des hordes, au nez des hardes, / Au nez des héros et des lâches, / D’une mort amère. / Je trace ces quelques notes, / Avec les cendres de ton corps, / Dans les débris, sur les tombes, / Que se reflètent comme un sort, / Les richesses des dévotes, / De souvenirs amers. / Cette épitaphe souffre ton nom, / Gravé sur l’absent mémorial, / Des laissés pour compte abscons, / De l’inquisition commerciale. / Je te dédie ces quelques larmes, / Un peu amer.
(Août 2003)
(Août 2003)
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